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Gestion des catastrophes : ...

 

  • Objectif: se prémunir contre les risques
  • Les agences urbaines doivent s’y impliquer

NI le règlement de construction parasismique appliqué depuis 2002, ni la création du Comité national de génie parasismique n’ont permis au Maroc de se prémunir contre les catastrophes naturelles. Cela s’explique par l’absence d’une politique de prévention. C’est du moins ce qui ressort de l’intervention de Nabil Benabdellah, ministre de l’Habitat, lors d’un séminaire sur la gestion des risques naturels, hier jeudi à Rabat. Aujourd’hui, la probabilité qu’une catastrophe se produise dépasse les 60%. Mais pour se prémunir, le Maroc a réalisé, avec l’appui de la Banque mondiale, de la Coopération suisse et du Global Fund for Disaster Risk Reduction, une étude qui servira à définir les axes d’une stratégie intégrée et essentiellement basée sur la prévention des risques. L’étude, qui a été présentée lors de ce séminaire, relève que la nouvelle feuille de route devra s’articuler autour de trois composantes. Il s’agit des risques liés à la volatilité des matières premières, à la gestion des catastrophes naturelles et à celle des risques agricoles.

En plus de cette stratégie, l’étude prévoit le recours à un logiciel de gestion des catastrophes. Il s’agit d’un moyen qui permettra au Maroc de cartographier ses zones à risque, de déterminer le niveau des dégâts et de réaliser des scénarios de prévention. Mieux encore, ce logiciel permet de déterminer les coûts qu’il faudra mobiliser pour gérer les évènements provoqués par la « colère de la nature ». Tous les départements ministériels devront veiller à l’application de cette stratégie. Toutefois, «la réussite de cette feuille de route reste conditionnée par l’implication des communes et des agences urbaines», a souligné le ministre des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Najib Boulif, également présent à cette rencontre. Le ministre qui avait participé à la 4e conférence sur les désastres et les risques, tenue en août dernier à Davos, a estimé que la gestion des catastrophes naturelles est essentiellement une affaire locale. Mais cela nécessite de mobiliser au profit des communes urbaines davantage de fonds. Conscient de cet impératif, Boulif a souligné que la gestion des risques devra être intégrée dans la loi de Finances. Pour lui, cette mesure est nécessaire pour se prémunir contre ces évènements. «La prévention nous permettra de réduire les coûts qu’entraînent ces catastrophes. Car, tout risque pourra être à l’origine d’une perte de 20 à 30 milliards de DH», a-t-il martelé. Parallèlement à la stratégie intégrée, le département de l’Habitat a actualisé le décret relatif au règlement de construction parasismique.

Pour Nabil Benabdellah, la refonte de l’arsenal juridique est nécessaire pour accompagner la croissance démographique et particulièrement la forte urbanisation que connaît le pays. Selon lui, ¾ de la population marocaine devra vivre dans des zones urbaines au cours de la prochaine décennie. Or, «cette forte urbanisation expose davantage le Maroc aux risques naturels», insiste le ministre.

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